LE LAURIER-ROSE (Nerium oleander)

Publié le par J. A. DIPAGE


   Le Laurier-rose ou Oléandre, encore appelé « Nérier à feuilles de laurier » appartient à la famille des Apocynacées. Endémique autour de la méditerranée, son origine n'est pas connue avec certitude mais on le retrouve du nord de l'Inde au sud-ouest de la Chine et en altitude sous les Tropiques.

   Il a besoin d'une situation ensoleillée et chaude pour prospérer mais il s'accommode de tous les sols, avec une préférence pour les terres d'alluvions et les terrains rocailleux bien drainé. Afin d'obtenir une floraison régulière et abondante il convient de lui apporter suffisamment d'engrais et d'eau, elle s'étale alors de juin à septembre.

   Les lauriers roses sont faciles à multiplier, il suffit de prélever des boutures herbacées en mars-avril et de faire raciner dans l'eau avant de les planter dans une terre légère mais riche.

    Nerium oleander est un bel arbuste à feuillage persistant, d'une taille comprise généralement entre 2 et 4 mètres (voire 5 et plus) aux feuilles très longues, lancéolées, coriaces et rigides dont la face supérieure est plus verte que la face inférieure.

   Les tiges ont une écorce grisâtre, supportant de longs rameaux qui laissent échapper un suc laiteux amer et toxique en cas de blessure.

   Les fleurs de la forme sauvage sont principalement roses et rarement blanches, fortement odorantes elles dégagent un parfum suave  et doucereux. Dans les variétés cultivées on trouve des fleurs blanches, roses clair, roses foncé, jaune et même orange, simples ou doubles. Les variétés rose à fleurs doubles sont les plus communes.



   Le fruit du Laurier-rose est une sorte de cylindre effilé d'environ 15 cm de long, contenant de nombreuses graines pourvues d'une touffe de poils en aigrette.

   Les Romains appréciaient déjà la beauté et le parfum du Laurier-rose dans les jardins de leur villa à Pompéi, ainsi qu'en fresques peintes sur les murs.

   Très présent dans les lieux de villégiatures, notamment en bord de mer et dans les campings ou hôtels, cet arbuste est pour beaucoup d'entre nous synonyme de vacance, de soleil et de plage.


   C'est pourtant l'une des plantes les plus dangereuses de nos régions car toutes les parties du Laurier-rose, qu'elles soient fraîches ou séchées, sont puissamment toxiques à faible dose !


   En effet, il suffit d'ingérer une seule feuille pour ressentir de violents troubles digestifs et cardiaques avec une issue fréquemment mortelle pour l'homme.

   La cause de cette toxicité élevée est due à de puissants hétérosides cardiotoxiques semblables à ceux de la Digitale, notamment l'oléandroside et le nérioside.

   Les feuilles contiennent environ 1,5 % de cardénolides, dont le constituant principal est un glucoside utilisé contre les affections du myocarde : l'oléandrine (ou 3-O-α-L-oléandrosyl-16-acétylgitoxigénine) ainsi que la neriine et des hétérosides voisins comme le glucosyl digitalose.

   On trouve aussi dans les composants chimiques du Laurier-rose de la pseudocurarine, ainsi qu'une résine, des sucres et des tanins.

   Les utilisations médicinales du Laurier-rose sont limités à ses propriétés de tonique cardiaque (et par des médecins, étant donné la dangerosité de la plante).

   On peut toutefois utiliser la décoction de feuille (100 g pour 400 g d'eau et 100 g de glycérine, puis faire réduire de moitié) pour soigner la gale et l'eczéma purulent, ou comme parasiticide en usage externe, notamment sur les fleurs (pulvérisation) mais surtout pas chez l'animal qui peut s'empoisonner en léchant son pelage.

    Attention cependant, car certaines personnes développent des dermites bulleuses difficiles à guérir au contact des sucs ou extraits de la plante.


   Mise en garde :

   Ne jamais sous-estimer l'ingestion accidentelle des feuilles ou des fleurs ou encore du suc laiteux du Laurier-rose par un enfant ou un animal !

   Ne pas utiliser le bois pour faire un barbecue ou des brochettes si on ne veut pas finir à l'hôpital !


   L'empoisonnement par le Laurier-rose  (plus fréquent qu'on ne le croit, surtout en période de vacance !) impose d'alerter les secours ou de se rendre aux urgences les plus proches ou encore chez un médecin. Il se manifeste par des nausées, des vomissements, de la confusion mentale, des douleurs plus ou moins violentes au niveau de l'estomac, de la bradycardie et hyperkaliémie. Il est dans ce cas nécessaire d'intervenir avec des analeptiques et de surveiller, éventuellement de stimuler, le rythme cardiaque. Dans l'attente d'un médecin ou des secours.

   Ne pas oublier que c'est une intoxication qui peut être rapidement mortelle, par fibrillation ventriculaire.

   Chaque année, dans les régions du monde ou le Laurier-rose abonde, de nombreux animaux de compagnie et du bétail meurent pour en avoir mangé.

   Par exemple, entre 1989 et 1995, en Californie, 142 bovins en sont mort.


    Il existe aussi dans la même famille (photo ci-dessous - Hans B.) un autre arbuste dit "Laurier-rose jaune" mais du genre Thevetia (Thevetia peruviana) originaire d'Amérique Centrale et du Sud tropical on le trouve aussi en Afrique et aux Antilles. Il ressemble au Laurier-rose avec des fleurs jaunes au parfum délicieux (elles sentent la Rose Thé) de 5 à 7 cm de long avec une forme d'entonnoir en corolle, ces fleurs ne tiennent qu'un seul jour mais se renouvellent toute l'année sans interruption. Thevetia peruviana est tout aussi toxique que Nerium oleander, notamment par la présence dans ses feuilles et son latex d'un glucoside nommé Thevin duquel on extrait la thévérisine et la thévétine A et B utilisés dans les affections cardiaques et comme antipyrétique.




Publié dans Plantes et Santé

Commenter cet article